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Étude de la faune dans le nord de l’Ontario (1995 - ...)

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Dès 1995, la famille Benoit est à la recherche d’un endroit pouvant lui offrir des opportunités d’étude sur les prédateurs de la forêt boréale tels le loup, le lynx, le renard, etc. Le hasard fait en sorte que des possibilités intéressantes se présentent à eux dans la réserve faunique de Chapleau, en Ontario.

Créé en 1925 afin de protéger les animaux à fourrure contre la chasse et la trappe ayant conduit certains d’entre eux au bord de l’extinction, ce sanctuaire de 7 222 km2 a un tel potentiel que les naturalistes songent à y fonder un centre d’étude sur le comportement animal. Leur projet reçoit l’aval du directeur de la réserve faunique, du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario et des Premières Nations de la région, si bien que le Centre d’étude du comportement de la faune Gisèle Benoit voit le jour en juin 2001. Il comprend un camp de base au cœur même de la réserve faunique.

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Camp de base de la famille Benoit dans le nord de l’Ontario
 

Si l’orignal retient toujours l’attention des naturalistes, ils ne tardent pas à commencer l’observation de l’ours noir, du loup, de la grue du Canada, du castor et de plusieurs espèces emblématiques des régions nordiques. La tâche des Benoit n’a d’égale que la démesure de leur nouveau territoire d’étude. Chacun adopte un sujet : Raynald se concentre sur le plongeon huard, les canards et d’autres oiseaux migrateurs, tandis que Monique découvre les mœurs du tamia rayé, du tamia mineur, du castor et du vison.

L’étude du loup fait toutefois l’unanimité au sein du trio qui y consacre plus de la moitié de son temps passé sur le terrain. Perspicaces, les naturalistes y découvrent, entre autres, un phénomène rare et insoupçonné, étroitement lié aux coupes forestières et aux incendies de forêt : la prédation spécialisée d’une meute de loups sur l’ours noir. Celui-ci affiche, dans la réserve faunique de Chapleau, l’une des plus fortes densités en Amérique du Nord. Les parterres de coupe et les zones ravagées par le feu regorgent de baies sauvages attirant chaque été les ours noirs en grand nombre, souvent à dégagé, sans arbres où grimper en cas de danger. Les plantigrades deviennent alors des proies potentielles pour les loups. Certaines meutes ont su tirer avantage de la situation en devenant expertes dans la capture d’ours noir durant les mois d’été.

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Ours noir circulant sur un parterre de coupe, au printemps
 

Rien ne saurait mieux résumer les observations de la famille Benoit en Ontario que la fabuleuse série documentaire Les Carnets Sauvages, produite en 2007 et télédiffusée sur les ondes de Radio-Canada et de ARTV. Comme les naturalistes poursuivent études et tournages dans ces régions boréales, de nouvelles publications sont en préparation.

 

Photos :
 
© Les Productions Raynald Benoit Inc.