Qu’on se le dise, trappeurs et chasseurs ne sont pas des héros!!!
Leurs intérêts passent constamment avant celui de la faune, en raison du poids économique lié à leurs activités.
La pratique de la chasse et de la trappe inspire des plans de gestion faunique contraires à l’ordre naturel, sans tenir compte des conséquences néfastes sur les écosystèmes.
De plus, elle freine la création de nouveaux parcs de conservation au même titre que l’exploitation minière et forestière.
Le passé regorge de cas pathétiques prouvant que le moindre écart dans nos rapports avec la faune peut entraîner la disparition rapide d’une espèce, ou rompre à jamais l’équilibre d’un écosystème.
Lors de la conquête de l’Ouest, soixante millions de bisons sont disparus des plaines d’Amérique du Nord en quelques décennies.
La tourte, pigeon sauvage de l’est du continent, a connu un sort analogue.
Dans la première moitié du XXe siècle, plusieurs espèces de mammifères, victimes de l’avidité des trappeurs et de l’industrie de la fourrure, étaient devenues très rares au Canada.
Pour cette raison, les gouvernements fédéral et provinciaux ont été forcés de créer des parcs et des réserves naturelles pour mettre à l’abri les populations en danger.
D’audacieux programmes de réintroduction ont été nécessaires pour repeupler d’immenses territoires amputés de leur biodiversité.
Parmi les visionnaires engagés sur la voie de la conservation figure le plus célèbre trappeur canadien, Grey Owl.
En effet, après avoir contribué à la quasi-disparition du castor au pays, il troqua ses pièges pour la plume.
Il dédia le reste de son existence à la sauvegarde de ce rongeur emblématique, dénonçant du même coup la cruauté et les ravages causés par la trappe.
Ses livres et ses tournées de conférences en Europe ont fait du chasseur converti, l’un des pionniers de la protection de la nature.
Son plaidoyer en faveur des animaux sauvages demeure l’un des plus touchants jamais livrés. |