© Sylvain Jean

Mon éditorial de l’automne 2007 portait sur la peur excessive et injustifiée d’un grand nombre de gens à l’égard du loup.

Dans ce contexte de méfiance et de haine solidement ancrées dans la mémoire collective de nos sociétés, canis lupus suscite des émotions extrêmes chez l’homme.

L’existence d’une tendance contraire semble de prime abord invraisemblable.

Or, il se trouve des personnes prêtes à déifier le loup sur la bonne foi d’un seul témoignage présumé authentique.

Un tel égarement émotif s’est produit en 1997 lorsque Misha Defonseca a publié une autobiographie où elle raconte avoir été secourue, nourrie et réchauffée par des loups alors qu’elle n’était qu’une enfant. Survivre avec les loups se voulait le récit extraordinaire d’une orpheline juive perdue dans les forêts d’Europe, avec pour toile de fond la Seconde Guerre mondiale…

Le livre est rapidement devenu un best-seller traduit dans une vingtaine de langues. Plus d’un million de copies vendues dans le monde!

Cela signifie que des millions de lecteurs ont été induits en erreur en apprenant qu’une meute de loups pouvait adopter un enfant et en prendre soin!

L’histoire de Misha Defonseca a récemment été adaptée au cinéma et, jusqu’à la fin de février dernier, la promotion du film reposait essentiellement sur l’aspect fait vécu.

Tandis que Survivre avec les loups tenait l’affiche dans les salles d’Europe, des journalistes ont eu la brillante idée de fouiller le passé de l’auteure, ainsi la supercherie a enfin été mise au jour.

Démasquée, madame Defonseca a admis en conférence de presse avoir inventé toute l’histoire, donnant ainsi raison au scepticisme initial des biologistes, des naturalistes et de tous ceux et celles qui ont eu le réel privilège de côtoyer le loup en milieu naturel.

Si les mensonges de cette auteure m’agacent depuis belle lurette, la crédulité du public profane m’interpelle; elle prouve son manque de connaissance envers la faune et le comportement animal, mais aussi combien il est facile de diaboliser ou de déifier une créature sauvage au détriment de la réalité.

Seules l’éducation et la sensibilisation du public peuvent détruire les mythes anthropomorphiques et en prévenir la résurgence.

Quant au loup, il ne gagne rien à être dieu ou diable aux yeux des hommes.

Les habitudes de vie et les comportements sociaux de canis lupus sont si fascinants qu’il me paraît superflu d’en rajouter!

Gisèle Benoit

Pour consulter les éditoriaux précédents, cliquez sur les liens ci-dessous :


  Haut de page Retour Courriel  

Accueil Nouveautés Éditorial Les Benoit Galerie d'art Carnets Sauvages Plan du site

Création du site : Christian Bellemare, administrateur bénévole
Dernière mise à jour le :