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En cette période marquée
par une prise de conscience planétaire à propos des
changements climatiques, le rôle joué par les parcs
de conservation nationaux et provinciaux est appelé à gagner
de l’importance au Canada.
La vocation initiale des parcs
consiste en la préservation des habitats de la faune et
de la flore.
Or, le réchauffement de l’hémisphère
nord entraînera des modifications rapides à l’intérieur
même des écosystèmes que nous souhaitions léguer
intacts aux générations à venir.
Les parcs
et autres territoires sauvages protégés
deviendront malgré eux, des indicateurs fiables concernant
les impacts réels d’un climat de plus en plus perturbé.
Ils
seront de vastes laboratoires permettant d’étudier
en direct l’ampleur des modifications environnementales,
un rôle non prévu lors de la création d’une
majorité de ces joyaux naturels.
Il y a fort à parier
que nous y observerons la migration de certaines espèces
sauvages et l’extinction
de plusieurs autres.
Je songe à l’ours polaire privé de
sa banquise, au renard roux prenant peu à peu la place du
renard arctique et à la forêt boréale étendant
sa ceinture verte au-delà de la toundra...
Pour accorder à la
faune et à la
flore de meilleures chances de survivre à ces bouleversements,
il faudra obligatoirement agrandir les aires protégées
et en créer de nouvelles, tout en veillant à ce que
les activités humaines ne nuisent pas aux fragiles processus
d’adaptation en cours.
Il faudra, et ce bien humblement, tirer
de l’instinct
animal les leçons indispensables à notre propre survie
en tant qu’espèce.
Alors que l’on voyait en eux
un riche héritage
du passé, les parcs provinciaux et nationaux seront sous
peu autant de fenêtres ouvertes sur l’avenir de la
planète.
Plus il y aura d’ouvertures permettant d’envisager
le futur, mieux nous serons en mesure de faire les choix qui s’imposent
pour nous adapter, nous aussi. |