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Sujets : Les tétraonidés de la réserve faunique de Chapleau

La réserve faunique de Chapleau sert de refuge à trois des seize espèces de tétraonidés répandues à travers le monde : le tétras du Canada, la gélinotte huppée et la gélinotte à queue fine.

J’étudie ces oiseaux depuis bientôt quinze ans.


Le tétras du Canada occupe
les forêts de conifères.
La gélinotte huppée préfère
les bois mixtes.
La gélinotte à queue fine habite
des aires ouvertes.
© Les Productions Raynald Benoit inc.

Tétras et gélinottes sont les fiers descendants d’une lignée d’oiseaux dont le premier fossile connu date de vingt-cinq millions d’années.

Chaque espèce occupe une niche écologique distincte, si bien qu’il y a peu de compétition entre elles pour un habitat.

Les habitats de la réserve faunique de Chapleau sont variés.
© Les Productions Raynald Benoit inc.

Les trois espèces présentes sur le territoire couvert par mes études possèdent certains points communs :

1. Des caroncules colorées deviennent proéminentes au-dessus des yeux du mâle en parade.

2. Seule la femelle prend en charge la couvaison et les poussins.

3. Les parades nuptiales effectuées par les coqs sont parmi les plus spectaculaires du règne animal.

4. N’étant pas migrateurs, ces oiseaux occupent en permanence le même territoire année après année, ce qui permet l’étude d’une forme de fidélité territoriale très prononcée.

Il existe cependant des distinctions notoires entre ces gallinacés : la gélinotte huppée et le tétras du Canada sont de nature solitaire, tandis que la gélinotte à queue fine démontre des mœurs grégaires.

L’évolution a doté les tétraonidés d’une syrinx peu développée.

Le chant, par lequel beaucoup d’oiseaux délimitent leur territoire de nidification, est donc remplacé chez les perdrix par des battements d’ailes que l’on nomme tambourinage.

La gélinotte à queue fine mâle réussit même à produire des sons en gonflant d’air deux renflements de la peau situés de chaque côté de son cou.

En présence d’une poule, les coqs des trois espèces mettent leur plumage en évidence par des danses et des rituels de séduction magnifiques à observer.


TAMBOURINAGE DE LA GÉLINOTTE HUPPÉE
© Les Productions Raynald Benoit inc.

HABITAT ET COMPORTEMENT DU TÉTRAS DU CANADA
© Les Productions Raynald Benoit inc.
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Les feux de forêt sont des phénomènes naturels qui assurent la régénération de l’habitat boréal.

Dans la réserve faunique de Chapleau, l’une des premières espèces à profiter d’un territoire incendié est la gélinotte à queue fine, aussi appelée tétras à queue fine.

Oiseau des espaces ouverts, elle établit volontiers des colonies là, où des trouées importantes éclaircissent la forêt boréale, y compris les parterres de coupe forestière…

Un habitat propice à la gélinotte à queue fine.
© Les Productions Raynald Benoit inc.

Les gélinottes à queue fine sont très sociables.

Au printemps, les coqs se rassemblent dans une arène où chacun revendique l’exclusivité d’un petit espace de quelques mètres carrés.

C’est là que tous unissent leurs efforts pour appeler les poules.

L’emplacement de l’arène est choisi en fonction d’un rayonnement sonore de plusieurs kilomètres : il s’agit le plus souvent d’un monticule dégagé qui permet aux sons de voyager sur de grandes distances.

Une arène est fréquentée année, après année, par le même groupe de coqs.

Plusieurs générations d’oiseaux peuvent l’utiliser si l’environnement immédiat n’est pas perturbé.

Les coqs d'un même groupe font preuve d’agressivité et de territorialité les uns envers les autres uniquement quand ils se trouvent dans l’arène, alors que chacun défend son plancher de danse avec ferveur.

Les oiseaux dominants sont établis au milieu de la scène.

L’importance du rang social décline à mesure qu’un participant s’éloigne de la zone centrale.

À coup sûr, les mâles installés sur le pourtour de l’arène se retrouvent au bas de l’échelle hiérarchique.

La proximité des zones individuelles oblige les coqs à consacrer beaucoup de temps à la protection de leurs frontières.

L’affrontement survient dès qu’un individu tente de voler la place d’un voisin située plus près du cœur de l’arène.

Cette avancée sociale, à condition qu’elle réussisse, augmente les chances du vainqueur de s’accoupler avec une poule visitant l’arène en quête d’un bon parti.

COMPORTEMENT DE LA GÉLINOTTE À QUEUE FINE :

CONFLIT FRONTALIER ENTRE LES COQS
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© Les Productions Raynald Benoit inc.
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Quand une poule pénètre dans l’arène, les conflits frontaliers cèdent la place aux danses et aux gloussements.

Les piétinements, les frémissements de queue et les claquements de bec des mâles font partie de la fabuleuse chorégraphie destinée à séduire la belle.

COMPORTEMENT DE LA GÉLINOTTE À QUEUE FINE :

DANSE ET PARADE DES COQS
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© Les Productions Raynald Benoit inc.
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En conclusion, rien n’est plus émouvant pour moi qu’une rencontre avec un coq anonyme qui s’empresse d’honorer mon intrusion chez lui d’une parade de séduction!

Après toutes ces années vécues en compagnie des gélinottes et des tétras, je m’émerveille encore devant la personnalité distincte de chaque individu.


Gisèle Benoit

Une vieille amitié.
Extrait : Des Oiseaux pas comme les autres
© Les Productions Raynald Benoit inc.

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